Vins d'Alsace  



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Hubert HARTMANN
Ingénieur diplomé de l'Institut National Agronomique Paris-Grignon en 1975, j'ai travaillé dix années à l'étranger dans l'industrie du jus de fruit puis laitière, dans le montage et la mise en route de nouvelles unités de production en Turquie et au Moyen-Orient. Après un dernier poste salarié dans une banque, j'ai repris l'entreprise familiale en 1986, suite au décès de mon frère puis de mon père. Le domaine comprenait alors 6 hectares.

Notre philosophie
La politique générale de conduite de la vigne et de vinification s'est dégagée en 5 à 6 ans de travail. Notre but est de faire une viticulture durable et respectueuse de son environnement, capable de produire une matière première conduisant à des vins remarquables en appliquant les principes suivants:
Enherbement systématique entre rangs partout où la nature du sol (profondeur) le permet: cela oblige la vigne à rechercher son alimentation en profondeur, augmente la vie dans le sol, améliore le taux d'humus, réduit les tassements dus aux passages des tracteurs et évite le ravinement dans les situations en pente ainsi que le lessivage de l'azote.
Pas d'utilisation d'herbicides rémanents, seulement des herbicides de contact tolérés par les "Bio" qui se décomposent quand ils touchent le sol; cela évite la pollution des sols et éventuellement de la nappe phréatique.
Utilisation mesurée des engrais dans une fourchette comprise entre 0 et 50 unités d'azote/ha; apports de potasse, phosphore et magnésium seulement si nécessaire.
Pas d'utilisation de produits classés "toxique", entre autres: pas d'insecticides pour les traitements phytosanitaires, autant pour la santé des employés que pour ne pas pertuber la faune auxiliaire.
Les objectifs de rendements sont de 65 hl/ha en moyenne pour l'AOC Alsace et de 45 hl/ha pour les Grands Crus.
Ces faibles rendements garantissent une richesse en sucre suffisante des raisins et les vins ne sont donc pas chaptalisés et cela est spécifié sur l'étiquette. Il n'y a pas d'ajout de produits oenologiques "bonificateurs" ou "améliorateurs" dans le vin ou le jus de raisin à part le dioxyde de soufre qui lui-même est très strictement dosé ce qui aboutit à des doses finales moitié de la dose légale.
Le taux de sucre résiduel, sucre du raisin qui n'a pas fermenté, est indiqué sur l'étiquette en grammes par litre (g/l). On peut considérer qu'un vin est sec à moins de 5 g/l.
Les étiquettes sont pour la plupart en papier recyclé.
Ces principes dépassent en fait les objectifs de l'agriculture raisonnée et sont au niveau ou au-dela des règle de l'OILB (Organisation Internationale de Lutte Biologique et intégrée).

Domaine
Depuis 1986, l'exploitation viticole n'a cessé de croître pour atteindre actuellement les 23 hectares, constitués de plusieurs parcelles réparties sur huit communes et cinq Grands Crus. Les acquisitions ont été faites sur des côteaux réputés depuis plusieurs siècles dont l'un, l'Enchenberg, voisin du Rangen, a été entièrement acheté et est donc devenu un monopole. Le Château d'Orschwihr s'est orienté délibérément vers des rendements faibles, garant d'une concentration aromatique exceptionnelle et d'une impressionnante longévité. Exportés dans le monde entier, les Grands Vins du Château sont à l'honneur sur les meilleures tables.

Histoire
L'histoire du Château d'Orschwihr remonte au début du XIème siècle. Le Pape Léon IX d'Eguisheim y aurait séjourné en 1049 lors de la consécration de l'église du village voisin.
Au XIIIème siècle le Château devient propriété des Habsbourg. En 1513, il est acheté par l'Evêque de Strasbourg et passe plus tard aux mains des nobles locaux.
Les propriétaires actuels l'acquièrent en 1854, après la révolution. En 1934, l'ensemble du Château est affecté par un incendie. Il est partiellement reconstruit en 1936.
La vue ci-contre est une partie de la lithographie de Rothmuller en 1857.

  Conception et réalisation: Patrick Fritsch